L'histoire de la RSVP : des laboratoires des années 1970 à votre iPhone
Afficher le texte mot à mot à un point fixe, la RSVP (Rapid Serial Visual Presentation, présentation visuelle sérielle rapide), n'est pas né dans une startup. Cette méthode existe depuis plus d'un demi-siècle dans les laboratoires de psychologie de la lecture, et son histoire explique pourquoi elle fonctionne et où sont ses limites.
1970 · Forster invente l'outil
Le psycholinguiste Kenneth Forster cherchait une façon d'étudier comment nous traitons une phrase sans que l'œil puisse se promener sur la page. Sa solution consistait à présenter les mots un par un, au même endroit, à grande vitesse. Il a découvert quelque chose de remarquable : l'esprit continue à comprendre même lorsque les mots arrivent à un rythme très élevé, de l'ordre de dix à seize mots par seconde. Avant même d'avoir son nom, la RSVP venait de naître comme outil de laboratoire.
1984 · Potter lui donne un nom
Quatorze ans plus tard, Mary C. Potter, au MIT, a formalisé la méthode et lui a donné le nom que nous connaissons aujourd'hui dans son travail Rapid serial visual presentation (RSVP): a method for studying language processing. Elle a montré qu'une phrase affichée mot à mot à environ dix mots par seconde peut être comprise et mémorisée. Sa conclusion est toujours valable : à des rythmes modérés, la compréhension se maintient ; quand on force le rythme, elle baisse. C'est pourquoi un lecteur RSVP honnête vous laisse choisir la vitesse au lieu de promettre des miracles.
1992 · Rubin et Turano la mesurent
Gary Rubin et Kathleen Turano se sont demandé dans quelle mesure le mouvement des yeux ralentit la lecture. Dans Reading without saccadic eye movements, ils ont comparé la lecture sur une page à la lecture en RSVP : la lecture sur page tournait autour de 300 mots par minute, tandis que la RSVP dépassait 1 100, avec des lecteurs atteignant 1 650 tout en gardant une compréhension supérieure à 75 %. De là est née l'une des applications les plus précieuses de la technique : la basse vision. Si les yeux ne peuvent pas bien se déplacer sur la page, que le texte vienne à eux.
2014 · Spritz et le boom
La RSVP est passée du laboratoire à la poche en mars 2014. L'entreprise bostonienne Spritz, après trois ans de secret, a présenté un lecteur qui soulignait en rouge le point optimal de reconnaissance de chaque mot et permettait de lire entre 250 et 1 000 mots par minute. Il est arrivé préinstallé sur le Samsung Galaxy S5 et sa montre Gear 2. Le titre promettant de "lire un roman en 90 minutes" était exagéré, mais la vague a montré que le format s'adapte naturellement à un petit écran.
2016 · La science pose les limites
Le contrecoup du boom a apporté la revue la plus rigoureuse à ce jour : So Much to Read, So Little Time, signée par Keith Rayner, Elizabeth Schotter et, entre autres, Mary Potter elle-même. Leur verdict est nuancé et honnête : la RSVP augmente la vitesse, mais en affichant un seul mot, elle retire deux choses que nous utilisons sans nous en rendre compte : la prévisualisation de ce qui vient ensuite et, surtout, la possibilité de revenir en arrière pour relire quand quelque chose ne colle pas. À des vitesses extrêmes, cela nuit à la compréhension. La technique est réelle ; la promesse de tout lire trois fois plus vite sans rien perdre, non.
Aujourd'hui · Comment Leo l'applique
Leo reprend ce que la science soutient et laisse de côté ce qu'elle questionne. Il garde le bon côté de la RSVP (zéro saut du regard, attention sur un seul point, rythme que vous contrôlez) et répond directement à son point faible : sous le mot se trouve le texte complet du chapitre, synchronisé, pour que vous puissiez relire ou sauter où vous voulez d'un toucher. Il ajoute des pauses naturelles à la ponctuation et fonctionne avec vos propres livres en EPUB et PDF, images comprises. La vitesse reste toujours entre vos mains.

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Références
Cet article est un résumé accessible élaboré à partir des sources suivantes, que vous pouvez consulter à leur origine :
- Forster, K. I. (1970). Visual perception of rapidly presented word sequences of varying complexity. Perception & Psychophysics, 8, 215–221.
- Potter, M. C. (1984). Rapid serial visual presentation (RSVP): a method for studying language processing. Dans New Methods in Reading Comprehension Research (Erlbaum). Voir sur Google Scholar.
- Rubin, G. S. et Turano, K. (1992). Reading without saccadic eye movements. Vision Research, 32(5), 895–902.
- Rayner, K., Schotter, E. R., Masson, M. E. J., Potter, M. C. et Treiman, R. (2016). So Much to Read, So Little Time: How Do We Read, and Can Speed Reading Help? Psychological Science in the Public Interest, 17(1), 4–34.